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La corruption, le frein de l’économie malgache

Au cours des cinq dernières années, force est de constater que la corruption n’a cessé de prendre de l’ampleur sur la Grande Ile. Selon l’enquête conduite par l’organisme Transparency Agency auprès de la population locale, le secteur privé serait la structure la plus corrompue. L’audit a notamment spécifié que les étrangers et la classe sociale la plus défavorisée sont les principales cibles des administrateurs corrompus. D’après l’audit, environ un tiers de la population enquêtée a eu recours au paiement de dessous de table. Malgré ce constat des plus alarmants et malgré la sensibilisation des organes spécialisés comme le BIANCO, les autorités compétentes ne daignent pas adopter des mesures de répression efficaces.

A Madagascar, la corruption est un véritable fléau d'envergure nationale. Les résultats de l'audit réalisé par Transparency Agency en 2013 ont démontré que le secteur public était la partie de l'administration la plus affectée par cette pratique peu louable. Si auparavant se résumait la corruption aux bakchichs destinés à accélérer les procédures d'élaboration de dossier au niveau des institutions administratives, aujourd'hui les démarches se font plus audacieuses et s'appliquent à grande échelle.

Des statistiques évocatrices

D'après les données délivrées par Transparency Agency, 31% de la population sujette à l'enquête conduite par l'organisme aurait déjà payé des dessous de table. 58 % de la population enquêtée aurait constaté une augmentation palpable du niveau de corruption au cours des dernières années.

D'après 54 % des enquêtés, les mesures répressives adoptées par le gouvernement seraient insuffisantes voire inefficaces. Plus de la moitié des répondants estiment également que la plupart des dirigeants politiques sont corrompus. Si 31% des enquêtés rechignent à témoigner de l'existence des pratiques corruptives, 69 % des répondants seraient prêts à dénoncer les pratiquants de pots de vins.

Les structures les plus touchées

L'étude menée par Transparency Agency met en exergue l'importance de la corruption au niveau des administrations judiciaires. Ce secteur serait en effet le plus touché par cette pratique. La Police et la Gendarmerie Nationale se trouvent également dans le peloton de tête des structures les plus corrompues au même titre que le Service des Domaines et de la Circonscription Topographique.

Les entités administratives ne sont pas les seuls endroits où la pratique de la corruption est décriée. Les organismes et les établissements qui organisent les concours nationaux comme l'Ecole de la Magistrature, l'ENAM (Ecole Nationale de l'Administration de Madagascar, l'Académie Militaire, l'Ecole Nationale de la Police, les écoles de paramédicaux, l'INAF (Institut national de Formation Administrative) sont également pointés du doigt.

Outre ces divers domaines où la corruption est flagrante, les dessous de table se pratiquent aussi au niveau des services délivrant les certificats médicaux, les permis de construire, les passeports de voyage, les autorisation d'ouverture de snacks ou d'infrastructures hôtelières. Le recrutement clandestin d'agents publics, le rengagement des militaires et l'affectation des fonctionnaires sont aussi critiqués.

Impacts de la corruption sur le plan socio-économique

Afin d'amortir les sommes colossales qu'ils ont dû investir pour acquérir leur poste, les administrateurs sont à leur tour tentés de pratiquer la corruption. Emballés par leur pratiques et leurs (mauvaise) habitude, ces derniers ne prennent conscience que les prestations qu'ils réalisent sont un service auquel les citoyens (résidents ou non) ont droits. En aucun cas, il ne devrait s'agit d'une faveur monnayable.

Pour les administrés, le fait d'être perpétuellement confrontés aux pratiques corruptives donne l'impression d'être lésé et instaure un climat de méfiance. C'est notamment le cas de la population appartenant aux classes sociales défavorisées.

En prenant de l'ampleur, la corruption est devenue un frein pour l'économie malgache. Les pots de vin perçus par les administrateurs constituent en effet un manque à gagner peu négligeable pour la Trésorerie publique.

A plus grande échelle, l'importance du taux de corruption sur le territoire malgache rend la pays moins crédible aux yeux des investisseurs internationaux et des bailleurs de fond.

Mise en place des boîtes de doléances

Pour les personnes souhaitant dénoncer les pratiques corruptives effectuées au sein de leur commune, le BIANCO (Bureau Indépendant Anti-Corruption) a installé des boites de doléances dans les bureaux des chefs lieux de districts. En pratique, les boîtes ont été placées à proximité de la mairie ou de la poste.

La lettre incluant le témoignage de la corruption dont vous avez fait l'objet ou étiez témoin est à adresser à Monsieur le Directeur Général du BIANCO. L'entité se chargera par la suite d'effectuer les investigations nécessaires en vue de déceler les délits pratiqués.

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